Peut-on composter l’oignon et l’ail ?
Oui au jardin, sans la moindre réserve. La prudence ne concerne que le lombricomposteur — et la raison n'est pas celle qu'on croit.
Mis à jour le 13 août 2026
Matière verte — riche en azote
Les composés soufrés irritent les vers, mais la nuance compte : les pelures sèches passent sans difficulté et figurent même dans la liste d’aliments acceptés de la référence du lombricompostage. Ce sont les bulbes crus en quantité qui créent une zone que les vers contournent.
- Décomposition
- Moyenne — 2 à 6 mois
- Odeurs, nuisibles
- Faible
- À faire
- Coupez-les ; les pelures sèches se décomposent bien plus vite que les bulbes entiers.
D’où vient la mauvaise réputation
L'oignon passe pour « antibactérien », au point de tuer les micro-organismes du compost. C'est très exagéré : les composés soufrés de l'oignon et de l'ail ont un effet antimicrobien mesurable en laboratoire, à des concentrations qu'un tas de compost n'atteint jamais.
Dans un bac de jardin, quelques kilos d'épluchures d'oignon par an disparaissent comme le reste, sans effet perceptible sur l'activité du tas.
Le lombricomposteur, seul cas réellement délicat
Les vers Eisenia sont sensibles aux composés soufrés, qu'ils détectent et évitent. Un apport important d'oignon crée une zone que les vers contournent, et cette zone fermente au lieu d'être digérée.
Le milieu étant petit et fermé, l'effet est bien plus marqué que dans un bac de jardin. Une poignée d'épluchures d'oignon de temps en temps, enfouie et répartie, ne pose pas de problème ; une demi-douzaine d'oignons d'un coup, si.
Le cas des oignons germés ou pourris
Un oignon germé peut repartir dans le compost et produire une pousse verte au milieu du tas — inoffensif, mais surprenant. Coupez-le en deux, cela suffit à l'empêcher.
Un oignon pourri est en revanche un excellent apport : il est déjà en début de décomposition et se disperse très vite. Enfouissez-le simplement pour éviter les moucherons.
Questions fréquentes sur oignon et ail
Oui, et elles sont plus intéressantes qu'on ne le croit : les tuniques sèches et brunes de l'oignon sont pauvres en eau et riches en carbone, elles se comportent presque comme une matière brune. Elles sont aussi riches en quercétine et en potassium, utiles au sol.
En très petite quantité seulement. L'ail est plus concentré en composés soufrés que l'oignon et les vers le supportent moins bien. Les pelures sèches passent sans difficulté ; les gousses entières ou écrasées sont à éviter, orientez-les vers un composteur de jardin ou un bokashi.
Non, pas à l'échelle d'un compost. Les vers de terre du sol se déplacent librement et contournent simplement une zone qui ne leur plaît pas, sans quitter la parcelle. Le phénomène n'est problématique qu'en milieu confiné, c'est-à-dire dans un lombricomposteur.