Peut-on composter la viande et le poisson ?
Non dans un composteur de jardin, non dans un lombricomposteur. C'est l'un des rares interdits vraiment fermes du compostage domestique — et il existe une seule solution pour ceux qui veulent quand même valoriser ces restes.
Mis à jour le 13 août 2026
Matière verte — riche en azote
Attire les rats de façon quasi certaine et dégage une odeur de putréfaction. Le bokashi est la seule méthode domestique qui les accepte.
Deux problèmes distincts, pas un seul
Le premier est les nuisibles. Les protéines animales sont détectables à grande distance et attirent rats, renards et chats de manière quasi certaine. Un composteur qui reçoit régulièrement de la viande finit visité, quelle que soit la qualité de son couvercle.
Le second est sanitaire, et on en parle moins. La décomposition de la viande à basse température favorise des bactéries pathogènes — salmonelles, Escherichia coli — que le compostage domestique ne détruit pas. Un compost industriel monte à plus de 70 °C pendant plusieurs jours ; un tas de jardin dépasse rarement 60 °C, et jamais de façon homogène.
Les os, un cas encore plus net
Les os ne posent pas seulement le problème de l'attractivité : ils ne se décomposent tout simplement pas. Un os de poulet met plusieurs années dans un compost domestique, un os de bœuf ne disparaît jamais à l'échelle d'une vie de composteur.
Certains conseillent de les calciner au barbecue puis de les broyer pour en faire une poudre d'os, riche en phosphore. C'est techniquement valable, mais cela relève d'une autre pratique que le compostage, et le jeu en vaut rarement la chandelle.
Le bokashi, la seule voie domestique
La fermentation bokashi fonctionne en milieu hermétique et fortement acidifié par les micro-organismes du son activateur. Ce contexte inhibe les bactéries de putréfaction et rend possible le traitement de la viande, du poisson, des os fins et des produits laitiers.
La matière obtenue n'est pas du compost : c'est un produit fermenté, qui doit ensuite être enterré dans de la terre ou versé dans un composteur, où il disparaît en deux à trois semaines. Sans cet exutoire, le bokashi ne va pas au bout du cycle.
Où mettre ces restes si vous n’avez pas de bokashi
Dans le bac à biodéchets de votre collectivité s'il existe : la collecte séparée aboutit à un compostage industriel qui monte assez haut en température pour tout neutraliser. À défaut, dans les ordures ménagères — ce n'est pas idéal, mais c'est préférable à un composteur infesté.
Questions fréquentes sur viande et poisson
Que se passe-t-il si on met de la viande dans le compost ?
Deux choses, dans cet ordre. Une odeur de putréfaction apparaît en quelques jours, très différente de l'odeur de terre d'un compost sain. Puis des rongeurs repèrent le tas, généralement en une à deux semaines. Si c'est arrivé, retirez ce que vous pouvez, couvrez d'une épaisse couche de matières brunes et brassez toutes les semaines pendant un mois.
Peut-on composter les coquilles de crevettes ou d’huîtres ?
Ce sont deux cas différents. Les coquilles d'huîtres et de moules sont minérales et inoffensives, simplement quasi éternelles si on ne les concasse pas. Les carapaces de crevettes, elles, contiennent de la chair résiduelle : elles relèvent de la même règle que le poisson et attirent les nuisibles.
Et les bouillons ou les sauces à base de viande ?
Non plus, pour deux raisons cumulées : le gras qu'ils contiennent imperméabilise le tas et bloque la circulation de l'air, et les résidus de protéines animales restent attractifs. Le sel des bouillons industriels pose en outre un problème pour la vie microbienne du sol.