Ce que votre compost évite chaque année
Composter détourne une part considérable de vos ordures ménagères. Cet outil estime combien, en kilos, en CO₂ et en compost récolté — et montre exactement comment il arrive à ces chiffres.
Mis à jour le 17 août 2026
Chaque année, en régime établi
180kg de déchets détournés de votre poubelle
- CO₂ équivalent évité
- 59 kg
- soit 492 km en voiture
- Compost récolté
- 54 à 81 kg
- soit 90 à 135 litres
- Potager couvert
- 18 à 45 m²
- 2 à 3 sacs de terreau non achetés
- Jardinières enrichies
- 18 à 39
- en remplaçant un cinquième à un tiers du terreau
Comment ces chiffres sont obtenus
Aucun de ces nombres n'est une mesure : ce sont des ordres de grandeur, calculés à partir des coefficients ci-dessous. Ils sont publiés pour que vous puissiez juger de ce qu'ils valent, et refaire le calcul si votre foyer ne ressemble pas à la moyenne.
| Coefficient | Valeur retenue | D'où elle vient |
|---|---|---|
| Déchets de cuisine | 100 L par personne et par an | Épluchures, marc de café, restes végétaux. Hors viande, poisson et laitages, qui n'ont pas leur place dans un composteur domestique. |
| Déchets verts | 80, 200, 350, 550 L par an selon la surface | Tonte, feuilles et tailles ajoutent leur pic saisonnier : 60, 40 et 50 L par niveau de surface. |
| Masse volumique des apports | 0.7 kg/L en cuisine, 0.35 kg/L au jardin | Les épluchures sont gorgées d'eau et lourdes ; la tonte et les feuilles sont volumineuses et légères. |
| Part réellement compostée | 45 % / 75 % / 92 % | Personne ne composte tout : il y a les repas pris dehors, les vacances, et les soirs de pluie. |
| Rendement en compost | 30 à 45 % de la masse apportée | Le reste part en eau et en gaz carbonique. Les sources donnent 40 à 60 % de réduction de masse ; la borne basse est retenue pour un compost riche en déchets de cuisine. |
| CO₂ évité | 330 kg par tonne compostée | Chiffre ADEME, par rapport à l'incinération ou l'enfouissement. Les autres estimations vont de 230 à 470 kg. |
| Équivalent voiture | 120 g de CO₂ par kilomètre | Émissions moyennes d'une voiture particulière du parc français. |
| Dose d’épandage | 3 à 5 L par m² | Dose retenue partout sur le site. Le compost mûr et tamisé pèse environ 0.6 kg par litre, et un sac de terreau du commerce en contient 40. |
Ce que ça représente dans votre poubelle
Les biodéchets pèsent près de 40 % du poids de la poubelle grise d'un foyer français. C'est la fraction la plus lourde, la plus humide, et de loin la plus absurde à transporter puis à brûler : on dépense de l'énergie pour incinérer une matière composée à 80 % d'eau.
Sortir cette fraction de la poubelle est donc le geste de réduction des déchets qui a le plus d'effet sur la balance, très loin devant le tri du verre ou du plastique. C'est aussi la raison pour laquelle le tri à la source des biodéchets est obligatoire depuis 2024.
Pourquoi le compostage évite du CO₂
Le gain ne vient pas du compost lui-même. Il vient de ce qu'on évite : le camion qui collecte, les kilomètres jusqu'au centre de traitement, puis l'incinération ou l'enfouissement. Un déchet composté au fond du jardin ne parcourt aucun kilomètre et ne brûle pas.
L'enfouissement est le cas le plus défavorable. Une matière organique enfouie se décompose sans oxygène et produit du méthane, dont l'effet de serre est vingt-huit fois supérieur à celui du gaz carbonique. Un compost domestique, lui, travaille à l'air libre : il émet du CO₂, pas du méthane. C'est toute la différence.
En appartement, le calcul tient toujours
Les deux premiers chiffres — déchets détournés et CO₂ évité — ne dépendent pas du tout d'avoir un jardin. Ils dépendent de votre cuisine. Un foyer de quatre personnes en appartement détourne exactement autant qu'un foyer de quatre en maison, à assiduité égale.
Ce qui change, c'est l'usage de la récolte : le résultat s'exprime alors en jardinières plutôt qu'en mètres carrés de potager. Le lombricompost ne se répand pas, il se mélange — comptez un cinquième à un tiers du volume du pot, jamais du compost pur, qui retient trop l'eau pour des racines confinées.
La vraie limite en appartement n'est pas le gisement mais la capacité de l'installation. Un lombricomposteur de 30 L absorbe les épluchures d'une à deux personnes. Au-delà, il faut des plateaux supplémentaires, un second bac, un bokashi en relais, ou un composteur partagé de quartier.
La première année compte pour moitié
Les chiffres de cet outil décrivent un régime établi. La première année, comptez environ la moitié du compost : un bac classique met six à douze mois à produire une matière utilisable, et ce que vous apportez à l'automne n'est récoltable qu'au printemps suivant.
Les déchets détournés et le CO₂ évité, en revanche, sont acquis dès le premier seau. Ils ne dépendent pas de la maturité du tas, mais du simple fait que la matière ne part plus au camion.
Ce que ce calcul ne dit pas
Il ne compte pas la viande, le poisson ni les produits laitiers, qui représentent une part réelle des restes alimentaires mais n'ont pas leur place dans un composteur domestique — sauf en bokashi, qui les fermente au lieu de les décomposer.
Il ne compte pas non plus le compost que vous n'aurez pas à acheter en jardinerie, au-delà de l'équivalent en sacs affiché plus haut, ni l'eau d'arrosage économisée par un sol enrichi en matière organique, qui retient nettement mieux l'humidité. Ces effets sont réels mais trop variables pour être chiffrés honnêtement.
Les questions qui reviennent
L'ADEME retient 330 kg de CO₂ équivalent évités par tonne de biodéchets compostés plutôt qu'incinérés ou enfouis. Les autres estimations s'échelonnent de 230 à 470 kg selon le mode de traitement auquel on compare. L'essentiel de ce gain ne vient pas du compost lui-même mais de ce qu'on évite : le transport des déchets, puis leur incinération, qui consomme de l'énergie pour brûler une matière composée à 80 % d'eau.
Parce que l'essentiel part en vapeur d'eau et en gaz carbonique. Les épluchures sont composées à 80 % d'eau, et la décomposition libère le carbone sous forme de CO₂. On récupère donc entre 30 et 45 % de la masse apportée sous forme de compost mûr. C'est aussi pour cette raison qu'un composteur ne déborde jamais : le tas s'affaisse au fil des semaines.
Non, comptez environ la moitié. Un compost domestique met six à douze mois à mûrir dans un bac classique : ce que vous apportez en mars n'est récoltable qu'à l'automne suivant, et les apports de l'automne attendent le printemps. Les chiffres de cet outil décrivent un régime établi, à partir de la deuxième année.
Les déchets détournés et le CO₂ évité, oui. La quantité de compost, non : un lombricomposteur produit du lombricompost, plus concentré et en plus petite quantité, ainsi qu'un engrais liquide qui ne se mesure pas en litres de terreau. Pour un appartement, retenez surtout la première ligne du résultat.