Composteur en palette : le plan pas à pas
Un bac en palettes se monte en une après-midi pour le prix de quelques vis, et c'est le seul composteur qu'on peut agrandir quand le jardin produit plus. Encore faut-il choisir les bonnes palettes : le marquage imprimé sur les dés dit tout, et certaines n'ont rien à faire près de légumes.
Mis à jour le 12 octobre 2026Notre méthode
Les palettes à prendre, et celles à laisser
C’est le seul point qui ne se rattrape pas après coup. Une palette porte, sur ses dés latéraux, un marquage normalisé qui indique comment elle a été traitée.
- HT — heat treatment, traitement thermique. Le bois a été porté à cœur à 56 °C pendant au moins trente minutes. C’est le seul marquage à retenir.
- MB — bromure de méthyle. Un fumigant interdit depuis longtemps dans l’Union européenne, mais encore présent sur de vieilles palettes d’importation. À écarter sans discussion.
- DB et KD — écorcé et séché en étuve. Ce sont des mentions complémentaires, pas des traitements chimiques : elles ne posent pas de problème.
- Aucun marquage — une palette de circulation nationale, généralement non traitée. Acceptable, mais vérifiez qu’elle est propre.
Deux règles s’ajoutent au marquage. Écartez toute palette tachée d’huile, de solvant ou de produit inconnu : le bois est absorbant et vous ne saurez jamais ce qu’il a bu. Et ne récupérez pas les palettes colorées — les bleues appartiennent à CHEP, les rouges à LPR : elles sont louées, pas données, et les emporter est un vol même quand elles traînent derrière un magasin.
Pour en trouver légalement : zones artisanales, magasins de matériaux, paysagistes, sites de dons entre particuliers. Demandez toujours ; la plupart des commerçants sont ravis de s’en débarrasser.
Le plan du bac simple, en quatre palettes
Le montage le plus courant utilise quatre palettes EPAL de 120 × 80 cm posées sur chant, formant un carré de 120 cm de côté sur 80 cm de haut, soit environ 1 100 litres.
Disons-le tout de suite : c’est beaucoup. Un tel volume n’a de sens que si vous avez le gisement pour le remplir — tonte, feuilles, taille de haie, gros potager. Pour un foyer sans grand jardin, montez plutôt le bac dans l’autre sens, palettes debout sur leur petit côté, ce qui donne un carré de 80 cm sur 120 cm de haut, ou contentez-vous de trois palettes en U ouvert.
Le matériel :
- 4 palettes HT de dimensions identiques ;
- 8 équerres galvanisées et leurs vis, ou du fil de fer galvanisé de 2 mm ;
- 1 m² de grillage à maille de 6 mm ;
- une visseuse, une scie, une pince coupante.
Les quatre étapes :
- Préparez le sol. Décaissez sur 5 cm et nivelez, sans jamais bétonner : le contact direct avec la terre est ce qui amène les vers.
- Posez le grillage à plat sur la terre, débordant de 10 cm sur chaque côté, et repliez les bords vers le haut. Maille de 6 mm : assez fine pour bloquer une souris, assez large pour laisser passer les vers de terre. C’est l’étape que tout le monde saute et que tout le monde regrette, comme l’explique le guide composteur anti-rongeurs.
- Assemblez trois côtés en U, deux équerres par angle, une en haut et une en bas. Vérifiez l’équerrage avant de serrer : une palette voilée déforme tout le bac.
- Montez la façade en amovible. Ne la vissez pas. Deux tasseaux verticaux vissés à l’intérieur des côtés forment des glissières dans lesquelles vous glissez des lames horizontales, récupérées sur une cinquième palette démontée. On les retire une à une pour récolter.
Cette façade coulissante est le détail qui distingue un bac utilisé d’un bac abandonné. Sans elle, vider le compost signifie escalader une paroi de 80 cm avec une fourche.
Le couvercle, souvent oublié
Un composteur ouvert prend la pluie de plein fouet. En automne, un bac de 1 100 litres reçoit des dizaines de litres d’eau qui lessivent les nutriments et noient le tas — c’est la cause la plus fréquente de compost gorgé d’eau chez les bacs faits maison.
Trois solutions, par ordre de durabilité :
- Une plaque de contreplaqué extérieur ou d’OSB 3 posée dessus, lestée d’un parpaing. Simple, gratuit si vous avez la chute, à remplacer tous les deux ou trois ans.
- Une palette démontée dont les lames sont refixées jointives sur deux traverses, avec deux charnières. C’est le plus élégant et ça ne coûte que du temps.
- Une bâche agrafée sur un cadre. Efficace immédiatement, mais elle claque au vent et se déchire au bout d’un hiver ou deux.
Prévoyez une légère pente vers l’arrière pour que l’eau s’écoule ailleurs que dans le bac.
Durée de vie réelle et entretien
Une palette n’est pas conçue pour vivre dehors. Le bois est du pin ou du peuplier de faible qualité, non traité contre l’humidité, et il travaille au contact permanent d’une matière chaude et mouillée.
Comptez trois à sept ans, avec deux points de rupture prévisibles : les lames en contact avec le sol, qui pourrissent en premier, et les dés d’angle, qui se fendent quand les vis travaillent.
Deux gestes doublent facilement cette durée :
- Surélever le bac de 5 à 10 cm sur des parpaings ou des dalles posées aux quatre angles, tout en gardant l’accès à la terre au centre.
- Remplacer les lames basses quand elles cèdent, plutôt que le bac entier. C’est tout l’avantage de ce montage : il est réparable indéfiniment, contrairement à un bac plastique fissuré.
En revanche, ne traitez pas le bois avec un produit du commerce. Les xylophènes et fongicides sont conçus pour tuer champignons et insectes, c’est-à-dire exactement ce que vous cherchez à faire prospérer, et ils migrent dans le compost puis au potager. Si vous tenez à protéger le bois, l’huile de lin cuite ou un brûlage superficiel des faces extérieures sont les deux options sans risque.
Deux bacs valent mieux qu’un grand
Le vrai avantage de la palette n’est pas le prix, c’est la modularité. Ajouter un second compartiment ne demande que trois palettes de plus, puisque la cloison est partagée.
Avec deux bacs accolés, le cycle devient net : on remplit le premier, on arrête de l’alimenter, on passe au second, et six à huit mois plus tard on vide le premier d’un seul tenant. C’est de très loin la meilleure amélioration qu’on puisse apporter à un compostage domestique — bien avant le choix du contenant.
Un troisième compartiment se justifie si vous avez beaucoup de déchets verts : il sert de réserve de matières brunes, feuilles mortes et broyat stockés au sec, disponibles au moment du pic de tonte de printemps.
Palette ou bac du commerce : le calcul honnête
La palette gagne sur trois points : le coût, quasiment nul ; le volume, difficile à égaler dans le commerce à ce prix ; et la réparabilité.
Elle perd sur trois autres :
- La durée de vie. Trois à sept ans contre quinze à vingt pour un bac plastique, et l’écart se creuse encore face à un bac en mélèze ou en robinier — le détail des essences est dans composteur en bois.
- L’isolation. Les lames espacées laissent l’air passer, ce qui est bon pour l’aération et mauvais pour la chaleur. Un bac en palettes travaille au ralenti dès novembre, là où un bac à double paroi continue plusieurs semaines de plus.
- Le temps. Une après-midi de montage, plus la recherche des palettes. Ce n’est pas cher payé, mais ce n’est pas gratuit non plus.
Le bon arbitrage dépend surtout de ce que vous compostez. Beaucoup de déchets verts, un grand terrain, l’habitude de bricoler : la palette est imbattable. Uniquement des déchets de cuisine, un petit jardin de ville, l’envie que ça marche sans y penser : un bac fermé sera plus adapté. Les autres montages possibles, du silo grillagé au tas libre, sont comparés dans fabriquer son composteur soi-même.
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Les questions qui reviennent
Uniquement des palettes marquées HT, pour heat treatment, c'est-à-dire traitées à la chaleur. Écartez celles marquées MB, traitées au bromure de méthyle, ainsi que toute palette tachée d'huile ou de produit chimique. Les palettes colorées bleues ou rouges appartiennent à des loueurs et ne se récupèrent pas légalement.
Quatre pour un bac simple d'environ 1 000 litres, sept pour deux compartiments accolés qui partagent une cloison. Ajoutez une cinquième palette démontée si vous voulez un fond en lames espacées et une façade amovible, ce qui facilite énormément la récolte.
Pas de fond plein, jamais : les vers de terre et les micro-organismes doivent monter du sol. En revanche, un grillage à maille de 6 mm posé sur la terre avant montage est vivement conseillé. Il laisse passer les vers, bloque les rongeurs, et il est impossible à installer une fois le bac rempli.
Trois à sept ans selon le bois et l'exposition. Les palettes courantes sont en pin ou en peuplier non traité contre l'humidité : les lames au contact du sol lâchent les premières, souvent au bout de trois ou quatre ans. Surélever le bac de quelques centimètres sur des parpaings double facilement sa durée de vie.
Évitez tout produit xylophène ou fongicide, qui migrerait dans le compost puis au potager. Si vous voulez protéger le bois, une huile de lin cuite diluée à l'essence de térébenthine, ou un brûlage superficiel à la façon du shou sugi ban, restent les deux options sans risque pour le compost.